Bâtir à hauteur d’hommes
Fernand Pouillon et l’Algérie
en collaboration avec Leo Fabrizio
Exposition aux Rencontres de la photographie d’Arles 2019
Ouvrage aux éditions Macula


2019


Kaouther Adimi, Daphné Bengoa, Leo Fabrizio
« Fernand Pouillon et l’Algérie
Bâtir à hauteur d‘hommes »



Ce livre présente les photographies de Daphné Bengoa et Leo Fabrizio, fruit d’un projet mené en commun sur l’œuvre algérienne de l’architecte français Fernand Pouillon (1912-1986). En Algérie, ce bâtisseur effréné fut en effet le maître d’œuvre de plusieurs cités (Climat de France, Diar-el-Mahçoul, etc.), de complexes touristiques (par exemple Sidi Fredj), de logements étudiants (notamment la cité universitaire Bab Ezzouar). Les deux photographes ont effectué huit voyages en Algérie pour documenter ce volet de son travail méconnu du grand public et en présenter ici un choix représentatif.

Ce double corpus met en lumière la singulière interdépendance entre bâtir et habiter dont l’œuvre de Pouillon est exemplaire. Leo Fabrizio, muni d’un matériel imposant, s’est attaché à photographier le temps long et les bâtiments dans leur état actuel, tandis que Daphné Bengoa, de son côté, est entrée dans l’intimité des foyers et s’est plutôt intéressée au temps court, aux habitants des cités de Pouillon et aux travailleurs de ses complexes touristiques.

S’inspirant librement de sa connaissance intime de l’Algérie, l’écrivaine algérienne Kaouther Adimi est partie de ce corpus de photographies pour proposer un texte poignant, inédit, s’attachant à la vie d’une famille habitant l’une des cités de Fernand Pouillon, la cité aux deux cents colonnes.




Bâtir à hauteur d’hommes, Fernand Pouillon et l’Algérie

à l’Abbaye de Montmajour, Fontvieille (5km du centre d’Arles)
1 juillet – 22 septembre 2019
10h – 18h30






Présentation du projet


Daphné Bengoa et Leo Fabrizio, respectivement cinéaste et photographes, publient pour la première fois les fruits d’un projet d’envergure mené en commun sur l’œuvre algérienne de l’architecte français Fernand Pouillon (1912-1986).

Fernand Pouillon conçoit l’aménagement de l’espace urbain avec pour précepte l’amélioration des conditions de vie de l’homme : lui apporter confort et qualité de vie, et ce quelle que soit la destination de ses constructions (habitats d’urgence, logements sociaux, universitaires ou hôteliers). C’est pour l’architecte la seule garantie d’une meilleure intégration des individus au tissu social et culturel. Remettre l’humain au centre, bâtir pour sa dignité et ainsi, peut-être, lui permettre une relation harmonieuse à son environnement.

Si ce postulat semble une évidence pour tous, Fernand Pouillon est l’un des rares exemples du XXe siècle à l’avoir véritablement mis en pratique dans l’ensemble de son œuvre, en France comme en Algérie. Bâtisseur effréné, il élabore chaque projet avec une exigence d’efficacité, de rationalité et d’économie de moyens. En parallèle, il étudie, enseigne, écrit et édite un ensemble de travaux relatifs à l’architecture et plus largement, sur la tâche et la responsabilité de l’architecte. Son œuvre bâtie en Algérie - des cités (1953-1958) aux complexes touristiques et logements étudiants (1966-1982) - éclaire particulièrement sa démarche et l’évolution d’une conception singulière de l’architecture sociale. Elle reste néanmoins encore très méconnue du grand public et la création d’un corpus photographique contemporain sur ce volet de son travail est à ce jour inédit.

Cette exposition présente le double corpus réalisé en Algérie par les deux artistes avec pour ambition d’éclairer la corrélation entre bâtir et habiter dont l’œuvre de Pouillon est exemplaire. Les images racontent la traversée du « dehors au dedans », de la façade et des couches qui la recouvrent autant qu’elles la révèlent (Leo Fabrizio), jusqu’à ce qu’elle renferme et protège : des milliers de vies ordinaires (Daphné Bengoa). L’habitat est le premier enracinement de l’homme, son premier point d’appui à partir duquel il trouve l’élan pour se jeter dans le monde. Habiter, c’est avant tout être de quelque part, à côté d’autres que soi et avec qui il s’agit d’apprendre à vivre. Ainsi, l’architecture imaginée, dessinée et façonnée par des hommes, est un outil à mettre au service d’autres hommes, plus forts et plus fragiles, que la vie a enjoints à s’installer, un jour, en un lieu qui est devenu un « chez soi ».